Les périodes de grands bouleversements se ressemblent en ce qu’elles appellent des caractères bien trempés et singuliers. Nul besoin d’être grand devin pour comprendre que nous en traversons une actuellement, ce qui rend la convocation du passé encore plus pertinente. Dans sa récente biographie consacrée à ce personnage, publiée chez Perrin, l’historien Charles-Éloi Vial constate que « des individus tels que Talleyrand s’épanouissent dans les périodes de troubles, où la destruction d’un ordre ancien s’accompagne d’immenses changements et de multiples chances pour les audacieux. » Il n’allait pas rater sa chance.
Comparativement à un Napoléon dont l’ambition et la détermination se devinaient au premier contact, rien ne laissait prédestiner Charles Maurice de Talleyrand-Périgord à un destin d’exception. Souffrant d’une malformation congénitale du pied, ce qui lui vaudra le surnom péjoratif de « Diable boîteux », Talleyrand n’était pas taillé dans le marbre des centurions qui se distinguent sur le champ de bataille, mais dans celui des manœuvriers de cabinet. À cet égard, il se distingue dans une catégorie peu égalée.
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